samedi 22 novembre 2008

RECUP et SAUVAGE

Aujourd’hui, deux de mes dadas, la récup et le sauvage, ou plutôt “le plat à deux vitesses” et “le sauvage”.

Tout d’abord, le “sauvage” :
La semaine prochaine, toutes les familles américaines vont se réunir, à grands coups de sauts d’avion, de San Francisco à Philadelphie, de Houston à Chicago, pour fêter Thanksgiving, cette fête qui nous est étrangère, là-bas plus importante que Noël.
Originellement cette fête est une reconnaissance des bontés que la terre (Dieu?) nous accorde, célébrant les récoltes engrangées qui permettront de passer l’hiver.
Wikipédia donne différentes origines à cette fête :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thanksgiving
Pour ma part, j’aime à y voir une célébration païenne des nourritures sauvages, l’occasion de vous donner la recette de la plus confidentielle des confitures, qui transforme le plus urticant des supplices (qui n’a pas connu enfant le gratte-cul lâchement glissé dans le cou?) en un velours étonnant.




Confiture de cynorrhodon (attention, preuve d’amour !) :

Cueillir les baies quand il commence à geler. (Là, j'ai toujours une petite pensée pour les chasseurs-cueilleurs, parce que manger ça avec les poils urticants, faut vraiment vouloir de la Vitamine C). Bien les laver. Les mettre dans une casserole, les couvrir d'eau à hauteur et les faire bouillir gentiment jusqu'à ce qu'elles se défassent. Mixer les baies avec l'eau de cuisson, en rajoutant éventuellement de l’eau jusqu’à avoir une consistance de compote liquide (étonnament, on dirait que la pulpe épaissit quand on la mixe et qu’elle boit l’eau) puis les passer au tamis, idéalement 2 tamis successifs : un assez gros pour les graines puis un très fin pour retirer les poils urticants. Peser la pulpe et la faire cuire avec 8O% de son poids en sucre et le jus d'1 citron par kilo de pulpe. Cuire jusqu’à ce que la confiture soit bien brillante, veloutée et mordorée. Elle reste semi liquide, ne pas trop la cuire, elle ne doit pas caraméliser. On peut rajouter un peu de pectine si on veut une consistance plus épaisse.

Après c’est facile :
Une petite pate sablée, une couche de confiture, de la crème fouettée bien vanillée à peine sucrée et des tortillons de purée de marrons au moulin à légumes, c'est le sublime Mont Blanc de Pierre Hermé (YAKA, je m’y colle demain!)
On trouve des cynorrhodons partout en France. Mais si vous n’avez pas le courage, la prochaine fois que vous croiserez un artisan confiturier qui s’est tapé tout ça (ai-je besoin de spécifier les mitaines pour ne pas se déchirer les mains, le coupe-coupe pour accéder aux buissons, et les bottes?…), ne froncez-pas le nez devant le petit pot à 6 euros, achetez-le.

La “récup” :

Soupe-salade de cresson :

La botte de cresson superbe ne résiste pas à deux jours de frigo, ne la mettez-pas au froid. A peine déballée du caddie de marché, posez-la sur une planche. Sans défaire le lien, coupez au beau milieu.
A ma droite les queues :
Direction une rincette.
Dans une casserole : une échalote fondue dans le beurre, une pomme de terre en dés, les queues, de l’eau ou du bouillon végé ou poulet, sel, blop, blop, mix, une belle cuillère de Crème d’Isigny.
A ma gauche, les feuilles :
Direction, une rincette, un essorage
. Dans le saladier : 1 c. de vinaigre de cidre pour 3 d’huile de courge verte pressée à froid (comme en Autriche) ou rôtie (plus facile à trouver), un peu de sel, une poignée de graines de courge rôties à la poële jusqu’à ce qu’elles crépitent,pit, pit… Voilou

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Finalement, "confiture de gratte-cul", cela reste plus poetique que "confiture de cinnomachinchose"...

Miss Diane a dit…

Si je comprends bien, tu fais le potage avec seulement les queues de cresson? Quelle bonne idée, une soupe et un potage pour le même prix.

J'adore le potage mais a-t-il le même goût sans les feuilles?

Anonyme a dit…

Et pourquoi, avant de déraper , n'appelle-t-on pas ces machins "gratte-cou", non?