samedi 22 septembre 2007

Devoirs de pré-vacances

Plus que 9 jours avant mon départ pour Tokyo (puis Shanghaï et HongKong).
En fait, tout a commencé le jour où mon fils Raphaël, vers l'age de 6 ans, est entré pour la première fois dans un restaurant japonais, au Mikado sur Laurier à Montréal. Comme à son habitude, une fois rassasié, il s'est endormi, en l'occurence sous la table ou plutôt dans l'espace réservé aux jambes. Très vite il est devenu une sorte de mascotte, les cuisiniers n'avaient jamais vu un gamin aussi fou de sushis. Il les commandait en direct au bar, assis sur un tabouret trop haut pour ses petites jambes.
Et la suite logique : à 10 ans il me mendiait du thon"sushi quality", à 12 ans cuisait le riz pas mal du tout, à 15 pouvait se faire à goûter des bols de shirashi sushis ou se tortorer une salade qu'il avait inventée : riz, algues, sésame, mirin, poisson cru, gari et concombre. Ce n'était pas des emballages de Mars ou de pizzas que je ramassais devant l'ordinateur mais des bouteilles de Kikkoman poisseuses ou des graines de concombres !
A 18 ans, alors qu'il étudie les sciences politiques et attaque le japonais, il est serveur dans un sushi-bar branché. Il goûte au boeuf de Kobé et apprend à aiguiser les couteaux. J'ai droit alors à des cours magistraux. Le jour de ses vingt ans il s'offre le plus beau resto japonais de NewYork.
Depuis 10 jours il est à la fac de Tokyo pour 1 an. J'ai même appris à me servir de Skype : j'ai vu de mes yeux son rice cooker, le mini four et la farine de riz, la bouilloire électrique et le thé genmaïcha.
Raphaël pense que je vais terroriser les Japonais par mon gabarit et me perdre entre l'aéroport et mon hotel. A moi qui n'ai jamais ouvert un manga, il a conseillé un livre comme devoir de pré-vacances :



"Le gourmet solitaire" chez Castermann ou les tribulations quotidiennes en noir et blanc d'un japonais solitaire fou curieux de cuisine. J'ai commencé à le lire tout à l'heure sur la terrasse. Je salivais tellement que j'ai sorti un magret, du gingembre, de la ciboule, une aubergine et du miso...

1 commentaires:

Ariel Borremans a dit…

Génial ton texte. Je m'en vais acheter «Le gourmet solitaire» tout de suite!